Témoignage:

“A Diatlovo, nous rencontrons sur le marché Chifra (née en 1924), une survivante juive du ghetto de la ville. A l’intérieur du ghetto, la répression était très forte: “J’étais terrorisée, je restais enfermée dans notre maison du ghetto”. Mise au courant qu’une fusillade allait avoir lieu, avec quelques autres, Chifra s’enfuit du ghetto par un tunnel creusé clandestinement. Pendant 6 mois, elle vit alors dans un camp de Juifs et partisans. Puis ensuite, elle erre de village en village et de maison en maison”.

En ce printemps 2010, nous rentrons d’un 6ème séjour de recherches en Biélorussie, mission de 13 jours effectuée autour de la grande ville de Baranovitchi, au sud-ouest du pays.

Lors de ce séjour, l’équipe d’investigation a visité 13 villes et villages, interrogé 46 témoins, enquêté sur 24 fosses d’exécution ou sites de fosses, dont une grande partie ont des mémoriaux, parfois très récents.

Lieux

Régions : régions administratives de Brest et Grodno, secteur autour de la ville de Baranovitchi

Villes et villages étudiés : Tourets, Mir, Byten, Jirovitchi, Kozlovchtchina, Medveditchi, Tchepelevo, Petralevitchi, Slonime, Dvorets, Diatlovo, Novoïelnia, Lesnaïa


Contexte historique:

Elément de contexte à souligner, la zone appartenait à la Pologne entre 1920 et 1939. Il y avait donc une importante population polonaise, mais aussi biélorusse et juive. Les Soviétiques ont pris possession de ce territoire en septembre 1939, l’intégrant à la Biélorussie soviétique. Les Allemands occupent la zone dès juin 1941.

Conclusions:

– Ghetto et absence de ghetto
Si dans l’ensemble les localités conséquentes ont toujours été dotées d’un ghetto, Slonime ayant eu ainsi pour exemple un ghetto de plusieurs dizaines de milliers de Juifs, il n’en est pas automatiquement de même pour les localités qui sont de l’échelle des petites villes, encore moins pour celles à l’échelle du village, si tant est qu’elles avaient une population juive.

– Plusieurs modes d’exécution

– Chose très rare, à Byten, un ancien policier se confesse librement.
Vassili (né en 1921) a été enrôlé en 1943, soit après la mort des Juifs de la ville, dans une unité de protection biélorusse sous les ordres d’officiers polonais. Son unité a fusionné ensuite avec la police locale en 1944. Vassili témoigne: “je n’ai pas eu le choix, j’aurais pu m’enfuir, mais ma famille aurait été fusillée”. Il devait monter la garde dans son village et mener des actions contre les partisans en forêt. Mais la nuit, il rejoignait les partisans pour les informer des futures actions. Il dit ainsi avoir été une sorte d’agent double. Après la guerre, le témoin a payé son engagement de 10 ans de goulag.

 

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