Témoignage

“Ainsi à Stolbtsy, l’équipe retrouve  Arkady (né en 1928) dont le témoignage est très riche. Des Juifs qui travaillaient pour l’organisation Todt se sont cachés dans le grenier de sa maison avant de rejoindre les partisans. Concernant la première grande fusillade, il témoigne : « Je passais devant l’entrée du ghetto. Il y avait un camion allemand stationné devant avec des SD. J’ai vu alors une grand-mère sortir du ghetto avec ses deux petites filles en les tenant chacune par la main. Elle semblait vouloir les rassurer. Elles sont montées dans le camion. C’était glaçant ». Au moment de la liquidation finale du ghetto quelques semaines plus tard, les Juifs se révoltent, y mettent le feu pour tenter de s’échapper. Mais la répression est sanglante. Arkady voit alors de chez lui deux jeunes filles passer sous les barbelés et courir poursuivies par des policiers. Une première est abattue dans la rue. L’autre se réfugie dans une remise. Arkady tente alors d’aller lui porter secours, mais en vain”.

Une équipe de Yahad In Unum revient d’un 9ème séjour de recherche en Biélorussie. Cette mission de 15 jours s’est déroulée dans les régions de Brest et Minsk.

A l’issue de ce voyage, l’équipe a interrogé en tout 49 témoins, et retrouvé 17 sites d’exécution, qui sont pour la plupart des fosses communes. Une grande majorité d’entre eux ont aujourd’hui des mémoriaux.

Lieux

Régions : régions administratives de Brest et Minsk

Villes et villages étudiés : Ivenets, Zaslavl, Ouzda, Dzerjinsk, Ieremitchi, Korelitchi, Novy Sverjen, Stolbsty, Kletsk, Nesvij, Gorodeïa, Snov

Contexte historique

Elément de contexte à souligner, une partie de la zone étudiée appartenait à la Pologne entre 1920 et 1939. Les Soviétiques ont pris possession de ce territoire en septembre 1939, l’intégrant à la Biélorussie soviétique. Les Allemands occupent la zone dès juin 1941, l’intégrant sous la juridiction du Reichkomissariat Ostland.


Conclusions

– Un modèle répressif très hétéroclite
Quand les fascistes s’installent dans la zone étudiée, tout un appareil administratif basé sur la répression et la terreur se met en place. Dans chaque localité d’importance, ils créent aussi très vite une police locale (sur la base de l’enrôlement volontaire ou forcé), police qui va les seconder dans leur œuvre répressive et macabre. Les brimades vis-à-vis des Juifs (port d’un signe distinctif tel une étoile jaune, interdiction de marcher sur les trottoirs) se mettent rapidement en place. Mais ensuite, la recherche sur le terrain montre que  les conditions de rassemblement et d’exploitation des Juifs divergent suivant les situations géographiques locales ou la taille des localités.

– Révoltes et fusillades
Les Juifs  qui vivaient dans les localités dans lesquelles l’équipe de Yahad a enquêté sont tués en une fois ou plusieurs fois, suivant qu’il y ait eu des sélections pour le travail ou non. Très souvent un commando de la mort allemand vient de l’extérieur pour effectuer l’opération. Mais la police locale ou des unités baltes sont la plupart du temps présentes pour suppléer.

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