Témoignage:

Sur le chemin de la Transnistrie, Gogu a vu fusiller en masse quelque 300 à 500 Juifs. Comme la colonne des Roms allait en sens inverse de celle des Juifs, les Roms ont dû attendre que tous les Juifs soient tués pour continuer leur route. « Les gendarmes roumains qui encadraient notre colonne nous ont dit d’arrêter nos roulottes, de sortir et de nous asseoir pour regarder. J’ai vu les Juifs – des femmes, des enfants, des hommes et parmi eux des vieux – être fusillés par petits groupes au bord d’une grande fosse. Il y avait quatre ou cinq tireurs roumains. Après la fusillade, la fosse a été comblée par des Moldaves qui portaient des brassards. J’ai compris que c’était des Juifs, parce qu’ils étaient tous bien habillés. »

Au cours de ce quatrième voyage de recherches en Roumanie, Yahad-In Unum a enregistré en vidéo les dépositions de 26 témoins, dont 20 Roms survivants, and identifié quatre sites d’exécutions de Juifs, tous pourvus d’un mémorial.

Lieux:

Région de Moldova, Districts de Galaţi, Iași, Vaslui, Vrancéa

Région de Muntenia, District de Braïla

Villes et villages étudiés: Géfu, Munteni, Tofléa, Frumuşiţa, Murgéni, Braïla, Lieşti, Iveşti, Marașesti, Odaïa Manolache, Galaţi, Ciuréa, Grajduri, Pădureni, Băcești, Iași, Șchéïa, Hȃrlău, Tȃrgu Frumos, Podu Iloaïeï

Contexte Historique:

En application de la politique du régime Antonescu, du 1er juin à la fin de septembre 1942, environ 25 000 Roms considérés comme « asociaux » et « fauteurs de troubles » ont été déportés de Roumanie dans la région baptisée Transnistrie, une partie de l’Ukraine soviétique qui avait été envahie par les armées allemande et roumaine pendant l’été 1941 et est restée sous contrôle roumain jusqu’en 1944. Le nombre des déportés est incertain, mais les historiens estiment que presque la moitié d’entre eux sont morts en Transnistrie ou sur le chemin du retour. Ceux qui ont survécu sont revenus en Roumanie au printemps 1944.

Les témoignages de survivants de la déportation et mais aussi de personnes qui n’ont pas été déportées apportent de nouvelles informations sur les conditions, les procédures et les mécanismes de la persécution des Roms pendant la Seconde Guerre mondiale. En travaillant sur le terrain, Yahad-In Unum a également réuni davantage de renseignements sur le fonctionnement de différents sous-groupes de Roms, par exemple les Caldérasy, les Linguari, les Ursurari, les Rudari.

Conclusions

– Les différents sous-groupes de Roms
– La déportation en Transnistrie
– Enquête sur la vie des déportés de l’autre côté du Bug
Ce qui ressort des enquêtes est qu’il y avait trois types de camp: dans des bunkers creusés sous le sol, dans des bâtiments de kolkhoze, ou à ciel ouvert dans les champs. Une fois arrivés, les Roms étaient dépouillé de presque tout ce qu’ils possédaient et on leur retirait aussi leurs registres officiels.
Les déportés recevaient une ration hebdomadaire ou mensuelle de nourriture, en fonction des listes dressées à leur arrivée.
Il y a eu plus de victimes parmi les Roms sédentaires que parmi les nomades.
De plus, l’argent a joué un rôle important.

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