Témoignage

Nina T. (née en 1928) à Liakhovo n’était que l’une des trois survivants de son village complètement exterminé par les Allemands. Elle a accepté de partager les souvenirs douloureux de la mise à mort de tout son village. Le jour de 14 avril 1942 cette femme n’oubliera jamais. Les Allemands ont rassemblé toute la population dans la rue et puis ont commencé à la rassembler dans quelques maisons. Nina T. se souvient : “J’ai été séparé de ma mère. Les Allemands nous ont poussés dans une pièce de la maison. Je me suis accrochée à quelque chose et tombée, tout de suite les tirs ont retenti derrière et une balle m’a effleuré la tête. J’ai perdu conscience. Quand je l’ai reprise, le corps de ma petite sœur tuée était allongé sur moi. J’ai senti l’odeur de l’essence. Les Allemands parlaient dans le couloir. Les gens gémissaient et bougeaient autour de moi. Une fille s’est mise à crier, un Allemand est revenu, a dit : “Russische Schweine !” et s’est mis à tirer sur tout le monde”. Nina T. a survécu en sautant par la fenêtre de la maison à moitié en feu mais toute sa famille a péri ce jour-là.

Au terme de cette mission de recherches, l’équipe de Yahad – In Unum a répertorié 22 fosses dont près de 50% sont sans mémorial et donc totalement inconnues, interrogé 55 témoins.

Lieux

Régions de Smolensk et de Pskov

Villes et villages investigués :

Doukhovchtchina, Sytchovka, Viazma, Ielnia, Glinka, Demidov, Potchinok, Velij, Ousviaty, Sebej, Poustochka, Nevel, Velikié Louki.

Contexte historique

L’armée allemande n’est pas arrivée sur ces territoires que quelques mois après le début de la guerre. Cela a permis à certaines catégories de la population d’être évacuées ainsi que la création du mouvement partisan dans les régions. La marche de Wehrmacht à l’Est s’estompait, l’avancement du front se ralentissait et presque tout de suite après l’arrivée des Allemands, les combats avec les partisans étaient engagés.

La proximité et l’éloignement du front, les contre-attaques de l’armée soviétique, la forte présence des groupes des partisans, tous ces facteurs paraissent influencer les méthodes opératoires employées par les Nazis lors des exécutions des Juifs, des Tsiganes et des prisonniers de guerre ainsi qu’augmente la cruauté et la haine envers la population civile russe : les villages entièrement brûlés, les civiles fusillés de la même sorte que les Juifs et les Tsiganes.

D’après les archives soviétiques et allemandes et les témoins interviewés dès l’arrivée des Allemands, la population juive était enregistrée et marquée par les signes distinctifs. Souvent les hommes juifs étaient fusillés.

Conclusions

– La proximité du front et le changement des processus des fusillades
– Les camps de prisonniers de guerre
– Camps pour civils soviétiques et villages brûlés

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